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Jean AJALBERT

Avocat et Ecrivain Français
né(e) le 10 juin 1863 - décédé(e) le 14 1 1947
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Poète impressionniste, romancier proche des naturalistes, adaptateur d'Edmond de Goncourt, chroniqueur, farouche polémiste nottament par ses prises de position en faveur du Capitaine Dreyfus.

Jean Ajalbert fut un écrivain combatif et ardent.

Biographie

Source :

  • Site de la SIHAD : Biographie de J. Ajalbert (Lien brisé)

D’après Philippe Oriol

Jean Ajalbert, avocat et littérateur français est né à Levallois-Perret le 10 juin 1863 et décédé à (Cahors ?) le 14 janvier 1947.
Poète impressionniste, romancier proche des naturalistes, adaptateur d’Edmond de Goncourt - dont il était un familier du Grenier - au théâtre, Ajalbert collabora à la plupart des petites revues de la jeunesse littéraire. Il appartint aussi à la rédaction de nombreux journaux. A partir de 1892, proche des milieux anarchistes, il fut souvent le régulier collaborateur de leurs publications et leur avocat. N’ayant guère la vocation, souvent opposé au conseil de l’Ordre et dénonciateur d’une justice qu’il trouvait souvent bien injuste, il abandonna le barreau après le procès Vaillant pour lequel, refusant le simulacre, il avait renoncé de plaider.

Dès 1895, dans Gil Blas du 9 janvier, il fut un des rares observateurs qui s’indignèrent de l’attitude de la foule, Léon Daudet et Barrès tout particulièrement, face à la dégradation du capitaine Dreyfus: "Je n’ai pas l’intention de heurter l’opinion courante sur le traître. J’ai voulu rechercher simplement si le coupable, si coupable soit-il, n’avait pas le droit à ce que sa peine restât dans les limites de la loi. Il avait droit au silence, et les huées de la foule sont de trop. [...] / Il faudrait empêcher les sauvages de se mêler de l’appareil de justice". Mais c’est au lendemain de "J’Accuse !" d’Emile Zola, dans l’Aurore, qu’il s’engagea, signant première protestation (1ère liste), participant à la souscription pour offrir une médaille à Zola (6e liste du Siècle et des Droits de l’Homme), à l’enquête de La Critique - où il affirma son admiration pour "l’attitude, le courage, la foi de Zola" -, et menant combat jusqu’au verdict de Rennes : deux ans de chroniques batailleuses qu’il considérera, plus de vingt ans après, comme "le meilleur moment de sa vie". A l’été 1898, il participa à la souscription du Siècle en réponse à l’affichage du discours de Cavaignac (1ère liste) et, la fin de 1898, il signa encore la protestation en faveur de Picquart (3e liste). Ajalbert s’engagea totalement et, ainsi qu’il le dira plus tard, "avec d’autant plus de fougue que rien ni personne ne pouvait contrarier mon élan. En instance de divorce, seul, avec un enfant de trois ans, toutes mes forces se dépensaient dans l’Affaire où j’oubliais mes tristesses et mes intérêts privés".

Son premier acte fut de quitter L’Éclair. Il rallia alors la rédaction des Droits de l’Homme, nouvellement créé, où il publia de très nombreux articles d’une grande vigueur. Des articles qui firent de lui, selon Le Temps, un "redoutable polémiste". Dénonciateur de l’antisémitisme, contempteur de l’État-major et des généraux, de Félix Faure et de ses ministres, de l’Église, des nationalistes réunis dans la "Ligue des Poires", des journaux et de leurs directeurs, il eut de nombreuses et violentes polémiques avec ceux qu’il prenait pour cible, tel Vervoort qu’il rencontra en duel en janvier 1898.

Symbole du littérateur engagé, défenseur infatigable de "la mission sublime" de l’écrivain dont Zola devint pour lui le héraut, Ajalbert n’eut de cesse de prendre à parti ses "chers confrères". Ainsi, dès le début de son engagement, ulcéré que certains, "valets de l’opinion" et "savetiers de lettres", se tinssent à l’écart de la bataille pour des questions marchandes, il décida de les contraindre à se déterminer en les attaquant, puis, finalement - occasion aussi de malmener Fernand Xau -, en publiant un "Hommage à Zola" signé, sans les avoir consultés pour les obliger à prendre parti.

En 1899, il écrivit aussi au Journal du Peuple où il retrouva ses amis anarchistes. Il fut un des rares, à l’annonce de la révision, en 1899, à se souvenir et à célébrer Bernard Lazare, qu’il n’oubliera pas non plus par la suite, faisant partie, en 1905, du Comité d’initiative du monument nîmois.

A Rennes où eu lieu la révision du procés d’Henri Dreyfus, il fut des mécontents qui n’acceptèrent pas la mise à l’écart de Labori et la tactique adoptée par Demange. "Quoi qu’il arrive, par son courage, par sa foi, par son talent, par le sang versé, demeure l’avocat de la vérité, de la justice, sinon de Dreyfus".[br /Logiquement, se rangeant du côté de Labori et de Picquart contre les "politiques", il condamna la grâce du Capitaine Dreyfus : "[...] pendant ces deux années de luttes, nous nous étions battus pour la justice : nous n’avons conquis que la banale et facile et lâche pitié. / [...] Dreyfus est gracié, libre. / La grâce peut satisfaire les amis de Dreyfus. Elle ne saurait contenter les amis de la justice".

Déçu, aigri, il ne pardonnera jamais aux "amis de Paris", "chefs coutumiers de la défaite", autrement dit Reinach, Cornély et les Dreyfus, de s’être, à Rennes, "laiss<és> battre par ordre" (Ibid.). Il leur reprochera aussi, assez injustement, d’avoir "liquidé" l’Affaire, d’avoir "crevé les Droits de l’Homme qui pouvaient vivre [...] et refusé les concours les plus sérieux qui s’offraient pour les faire vivre", écrira-t-il le 24 janvier 1900 à Stock.
Mais surtout, Ajalbert reprochait aux "amis de Paris", aux "Juifs" donc, qui "pour démontrer leur loyauté, [...] sont obligés, paraît-il, de ne pas rater l’occasion de prendre parti contre nous", de l’avoir personnellement écarté, de l’avoir, comme il l’écrira bien plus tard à Joseph Reinach, "saqué de tous les journaux et surtout des nôtres après l’affaire".

C’est ce qu’il expliquera encore dans ses souvenirs : "Il en coûte d’avoir été le "redoutable polémiste". Tous les journaux m’étaient fermés. - Je redeviendrai "conteur"... Je ne signerai pas... / Rien à faire. Trop voyant. Ah ! on penserait à moi ! Cependant, les tièdes et les neutres occupaient les places. Joseph Reinach me proposait La Lanterne. mais les "groupes politiques" veillaient". En fait, les journaux dreyfusards avaient pour ainsi dire tous disparu ou connaissaient de très sérieuses difficultés (voir L’Aurore et Les Droits de l’Homme) et les autres, antidreyfusards ou sagement neutres pendant l’Affaire, ne voulaient bien évidemment pas s’embarrasser du "redoutable polémiste". Les juifs, coupables à ses yeux d’avoir "rejeté les écrivain dreyfusards de leurs journaux et de leurs entreprises", n’y étaient vraiment pour rien. Ajalbert noircit d’ailleurs quelque peu le tableau en se présentant comme un paria au sein de son propre camp. En effet, lors de la "reconstitution" de la rédaction de L’Aurore, le 11 juin 1902, Ajalbert, qui en mai venait d’y publier un article, fut donné dans la liste des collaborateurs. Mais il n’y publiera plus pour une raison que nous ignorons. Plus que les juifs ou les "amis de Paris", le principal responsable de cette mise à l’écart n’était-il pas Ajalbert lui-même qui, avec son volume paru en novembre 1900, Quelques dessous du procès de Rennes, dans lequel il réglait quelques comptes avec les "épongistes", ne s’était pas fait que des amis.

Sans plus de ressources, alors, il trouva alors pour subsister, grâce à son ami Briand, des missions en Indochine. Entre deux voyages, il collabora à L’Humanité et à L’Action.
De retour en France, il souscrivit au monument Cornély (1ère liste), collabora au Gil Blas, à La Dépêche de Toulouse, à la France Libre (à partir de 1918), etc., et fut nommé conservateur du château de la Malmaison, de 1907 à 1917, puis administrateur de la Manufacture de Beauvais. Il collabora encore à quelques journaux dont au Courrier Saïgonnais auquel il envoyait des "Courriers de Paris". Il se consacra ensuite entièrement à son activité littéraire et à l’académie Goncourt où il avait été élu à la mort de Mirbeau (1917).

Plus tard, écrivant ses souvenirs, il reviendra sur son engagement dreyfusard, ne reniant rien de ce qu’il avait fait mais demandant de ne pas rouvrir "les quatre recueils où dorment mes articles des Droits de l’Homme" : "Je ne donnerai même pas les titres. Il s’y rencontre des articles que je regrette. On écrivait toujours sous pression, sans aucun ménagement".
Pendant l’Occupation, ses amitiés, quelques publications, ses prises de positions pétainistes puis Doriotistes, son action d’académicien Goncourt au service du pouvoir et de ses chantres lui valurent, à la Libération, de faire partie des auteurs interdits par le CNE.

Tenant de l’Art social, engagé parce qu’estimant que tel était son devoir, le "radical" Ajalbert - qui espérait "qu’un jour, quelqu’un dise de nous tous, depuis Zola jusqu’au plus humble de ses amis : "ils aimèrent la vérité, ils voulurent la justice..." Nous ne souhaitons rien de plus" -, fut une des grandes figures du dreyfusisme de plume, mais différent de Gohier, avec qui on le compara parfois, en ce qu’il fut toujours vigoureux sans violence inutile, "gai et joyeux", comme le dira de lui Léon Blum qui le décrira encore comme allant chaque jour au combat avec "une belle vaillance claire et ensoleillée qui réconforte et qui réjouit".


Oeuvres

NB: Cette bibliographie est donnée à titre indicatif seulement.
Vous pouvez signaler les erreurs ou omissions en cliquant ici.

Divers

  • Dessous du procès de Rennes
  • Celles qui passent
  • Les Mystères de l'Académie Goncourt (J. Ferenczi et fils)
  • Sao Van Di
  • Sur le vif
  • Raffin Su-Su
  • Sur les talus
  • Les Destinées de l'Indo-Chine
  • Paysages de femmes (Tresse & Stock)
  • Sous le Sabre
  • Le P'tit
  • Les Deux Justices
  • En amour (Tresse & Stock)
  • La Forêt Noire
  • Le Coeur gros (Alphonse Lemerre)

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