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Nouveau Roman

Expression désignant les oeuvres d’un groupe d’écrivains français, publiées dans les années 1950 par Jérôme Lindon aux Éditions de Minuit, et qui avaient en commun de remettre en cause les principales caractéristiques du roman traditionnel.



L’appellation même de "Nouveau Roman", créée par un journaliste sur le modèle de l’expression "Nouvelle Vague", qui désignait des jeunes cinéastes des années 1950, a été reprise par Alain Robbe-Grillet (Pour un Nouveau Roman, 1963) et Jean Ricardou (Problèmes du Nouveau Roman, 1967 et Pour une théorie du Nouveau Roman, 1971). Ces trois essais constituent une théorie du roman, sans être pour autant un manifeste d’école. Ils prônent notamment l’abandon des éléments traditionnels de l’écriture romanesque, qu’il s’agisse de la conception du personnage héritée du récit balzacien, de la notion d’intrigue, ou encore du principe de l’omniscience de l’auteur démiurge. De manière générale, les auteurs du Nouveau Roman (Claude Simon, Michel Butor, Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute, Robert Pinget, Jean Ricardou, Claude Ollier) se retrouvent dans une même critique du réalisme littéraire.



De fait, avec le Nouveau Roman, la littérature entre dans "l’ère du soupçon" (selon le titre d’un essai de Sarraute publié en 1956), ce qui a pour principale conséquence la remise en question de la nécessité du vraisemblable, d’où le rejet de la description et le refus de ce que Barthes appelle l’"effet de réel". Cette critique de l’hégémonie du vraisemblable, inscrite dans la lignée des recherches littéraires de Joyce, se double d’une attention toute particulière portée non pas à l’intrigue en tant que telle mais à l’"aventure" que constitue l’écriture elle-même. Le voyageur de la Modification, (1957) de Butor, n’est pas un héros décrit à la troisième personne, mais un personnage auquel on s’adresse directement. De même, la narration impersonnelle de la Jalousie, (1957) permet à Robbe-Grillet d’évoquer la présence d’objets, rendus à leur nature énigmatique sans qu’aucun regard humain ne vienne leur conférer un sens particulier. Dans le Planétarium, (1959) de Sarraute, des scènes identiques sont présentées du point de vue des différents personnages, dont les pensées et les paroles sont retranscrites dans une prose à la fois continue et hachée qui rend compte de ces mouvements presque imperceptibles qui nous habitent. Quant à l’oeuvre de Claude Simon, elle tente de restituer, en de longues phrases entrecoupées de parenthèses et d’incises, les difficultés de la conscience à percevoir le monde extérieur, à se représenter le temps, vague durée dans laquelle passé et présent se mêlent indistinctement.



Source

  • Poésies.be : Nouveau Roman (Lien brisé)

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